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Comment se passent les examens qui diagnostiquent l’endométriose ? (Partie 2)

Si nous avons vu dans la pre­mière par­tie les exa­m­ens les plus courants, nous explorerons dans cette deux­ième par­tie les autres, peut-être un plus rares, mais qui per­me­t­tent notam­ment d’ex­plor­er les pos­si­bles atteintes diges­tives, neu­ropathiques et uri­naires. Nous pro­poserons dans un troisième et dernier art­cile (par­tie 3) l’ex­a­m­en de référence de l’en­dométriose : la coe­lio­scopie exploratoire.

NB : Les atteintes diges­tives et pul­monaires peu­vent être vues lors de scan­ners colo-rec­taux et scan­ners tho­racique, ou d’IRM local­isées. Il s’a­gi­ra de la même procé­dure que pour les scan­ners, écho et IRM décrite dans la pre­mière par­tie, que vous pou­vez retrou­ver ici : Par­tie 1

La gastroscopie et coloscopie

Cela va per­me­t­tre d’ex­am­in­er pour la gas­tro­scopie estom­ac et œsophage, et pour la colo­scopie, le côlon. La gas­tro­scopie n’est pas un exa­m­en courant dans l’en­dométriose, mais elle peut être indiquée en cas de nausées impor­tantes et répéti­tives. La colo­scopie, elle, peut-être plus indiquée en cas de sus­pi­cion d’une colopathie fonc­tion­nelle asso­ciée à l’en­dométriose (Crohn par exem­ple, ou le syn­drome de l’in­testin irri­ta­ble) avec des symp­tômes diges­tifs (nausées, diarhées etc), mais aus­si pour pré­cis­er les atteintes endométriques diges­tives, s’il y a sus­pi­cion. J’ai per­son­nelle­ment eu les deux exa­m­ens dans le même temps, sous anesthésie générale.

La gas­tro­scopie con­siste à pass­er un tube com­por­tant une fibre optique par le nez ou la bouche pour attein­dre l’estomac.Vous êtes en posi­tion latérale, on essaie d’abord par la bouche, et on vous place un petit appareil qui écarte et main­tient votre bouche ouverte. Cela n’a rien de douloureux, n’empêche pas la res­pi­ra­tion, dure env­i­ron 5mn, mais cela teste votre capac­ité de résis­tance aux exa­m­ens invasifs ! Je n’ai pas sup­porté du tout, ten­ta­tive fut faite par le nez mais là encore, cela m’a provo­qué une bouf­fée d’an­goisse. Cet exa­m­en peut être une for­mal­ité pour certain.e.s, une épreuve pour d’autres. J’ai exprimé claire­ment mon refus d’aller plus loin, tout à fait respec­té par la gas­tro-entéro­logue et avons donc con­venu de réalis­er alors, sous anesthésie générale, les deux exa­m­ens.

C’est une petite anesthésie, les exa­m­ens étant assez courts. La colo­scopie repose sur le même principe que la gas­tro­scopie : pas­sage d’un tube avec fibre optique par l’anus pour explor­er le gros intestin. On vous deman­dera d’ef­fectuer un lave­ment la veille de la colo­scopie et c’est sure­ment le pas­sage le plus désagréable. Il s’ag­it d’une solu­tion buvable et salé (aro­ma­tisée tout de même!) à boire en plusieurs pris­es, en générale, la veille et le matin de l’ex­a­m­en. Il s’ag­it tout sim­ple­ment de vous vider afin que l’in­testin soit le plus pro­pre pos­si­ble pour y décel­er les éventuelles lésions/altérations. Au-delà de l’aspect désagréable, quand vous souf­frez d’en­dométriose, l’ac­tion du lax­atif peut provo­quer des douleurs diges­tives ou pelvi­ennes.

Si l’ex­a­m­en se passe sous anesthésie, cela dure une heure et vous sortez dans la foulée. La colo­scopie peut-être pro­posée sans anesthésie, ni générale, ni locale. Sachez que cela peut-être un peu douloureux et surtout très invasif : là encore, en posi­tion latérale, on vous insère le tube endo­scopique par l’anus. Vous êtes en droit de deman­der une anesthésie, néan­moins, sachez que c’est pos­si­ble de faire sans, si cela est une angoisse pour vous.

L’électromyogramme du périnée

Nous sommes là prob­a­ble­ment sur l’ex­a­m­en le plus invasif et le plus intime que j’ai jamais réal­isé et para­doxale­ment, celui qui s’est le mieux passé de tous mes exa­m­ens (trau­ma­ti­sants) gyné­cologiques. Cela ten­ant prob­a­ble­ment à l’ex­cel­lente neu­ro­logue qui l’a réal­isé, très pro­fes­sion­nelle, directe et en même temps expli­quant tout ce qui allait se pass­er. La neu­ro­logue Sheiber-Nogueira est à ma con­nais­sance une des seules à Lyon à réalis­er cet exa­m­en, et je reste extrême­ment heureuse de l’accueil qu’elle m’a réservée. Si vous souhaitez vous ren­seign­er sur l’élec­tromyo­gramme périnéal et la démarche du doc­teur Sheiber Nogueira, je vous con­seille une de ses con­férences : https://www.youtube.com/watch?v=m6UKnI3fnCc

Un élec­tromyo­gramme est un exa­m­en qui con­siste à explor­er l’ac­tiv­ité élec­trique des nerfs afin d’y décel­er des lésions ou atteintes. Dans le cas de l’en­dométriose, on va chercher notam­ment une pos­si­ble atteinte du nerf puden­dale et/ou des nerfs sacrés. Le nerf puden­dal :

Comme on le voit très bien sur l’im­age, le puden­dal ici en jaune, prends ses racines dans le sacrum, longe les organes pelviens par dessous pour allez finir sa course au niveau du cli­toris, de la vul­ve, du périnée. Il passe aus­si on le voit au dessus de l’anus. Son atteinte n’est pas rare dans l’en­dométriose, sans que l’on sache si ce sont des lésions d’en­do qui abî­ment le nerf ou son altéra­tion est due au geste trau­ma­tique chirur­gi­cale. Néan­moins cela peux expli­quer par exem­ple, des douleurs péri-anales, mais aus­si des four­mille­ments, brûlures sans le bassin ou les hanch­es et occa­sion­ner des trou­bles mus­cule­to-squelet­tiques.

C’est un exa­m­en un peu long (40, 45 min­utes). Allongée sur une table d’ex­a­m­en non gyné­cologique à l’hôpital ou en cab­i­net privé, le haut est gardé mais le bas, culotte incluse, doit être enlevé. La.e neu­ro­logue s’as­soit à côté de vous, et un.e infirmier.e l’as­siste, devant son écran d’or­di­na­teur, à enreg­istr­er les don­nées trans­mis­es par les dif­férents cap­teurs qui vont être posi­tion­nés sur votre périnée. Il y a deux sortes de cap­teurs : les aigu­illes et les élec­trodes. Les côtés gauch­es et droits vont être explorés suc­ces­sive­ment en une série de mesures. A aucun moment je n’ai ressen­ti de douleurs. Une gêne certes. Les aigu­illes sont fines (comme des aigu­illes d’acupunc­ture) et enreg­istrent l’activité élec­trique, elles sont sont placées dans les petites lèvres, puis dans le périnée (a équidis­tance du vagin et de l’anus donc), puis au niveau de l’anus. On vous deman­dera de con­tracter très fort ! Puis de relâch­er… A chaque point. Puis on passe sur le côté gauche avec les aigu­illes, et on recom­mence les trois points. Puis on passe à l’électrode qui envoie des petites décharges élec­triques, ce ne sont plus exacte­ment les même endroits que précédem­ment. Il va sans dire que sur le cli­toris c’est extrême­ment désagréable ! Mais ce sont des impul­sions petites et rapi­des. Enfin, le petit élec­trode sera aus­si inséré dans l’anus à gauche, et à droite.

Dans mon cas, la neu­ro­logue a repéré très vite une atteinte du nerf puden­dal, la “réponse” du nerf était “trop longue” m’a-t-elle expliqué. J’ai donc été soulagée par cette réponse très rapi­de qui met­tait un nom sur les souf­frances tra­ver­sées. Néan­moins, nous ne pou­vons que prévenir de l’aspect intrusif, intime et poten­tielle­ment trau­ma­ti­sant de cet exa­m­en si on est pas pré­parées à ce qui va s’y pass­er où si on souf­fre de trau­ma­tismes. Nous encour­a­geons donc tou­jours à :

  • Pos­er toutes les ques­tions sur com­ment cela va se pass­er au neu­ro­logue
  • Choisir un.e prati­ci­enne en qui on a con­fi­ance (Par exem­ple, la con­nais­sance du tra­vail du Dr Sheiber Nogueira ain­si que le fait qu’elle soit une femme ont été essen­tielles dans mon choix)
  • Ne pas hésiter à deman­der d’abord un entre­tien puis dans un sec­ond temps, réalis­er l’ex­a­m­en.
  • C’est votre droit le plus com­plet d’être accom­pa­g­née par un.e proche, n’hésitez pas.
  • Et comme d’habi­tude désor­mais, si vous sen­tez un quel­conque malaise, une parole ou réflex­ion, ou bien un geste qui vous fait sen­tir mal : on se lève et on se casse !

La cystoscopie

La cys­to­scopie aus­si appelée urétro­cys­to­scopie est un exa­m­en qui a pour but d’observer l’urètre et la vessie. Il est par­fois pra­tiqué en cas de soupçon de lésions uri­naires de l’endométriose ou alors pour voir si des lésions déjà con­nues ont pénétré dans la vessie. Il s’agit alors d’insérer une petite lentille lumineuse reliée à un tube fin (le cys­to­scope) via l’urètre qui est le canal qui expulse l’urine.

L’urologue va alors faire remon­ter le cys­to­scope le long de l’urètre jusqu’à la vessie afin d’observer de poten­tielles anom­alies sur la paroi interne. Les images filmées par la lentille sont retran­scrites sur un écran. C’est un exa­m­en qui est pra­tiqué le plus sou­vent en ambu­la­toire sous anesthésie locale. Il vous sera demandé préal­able­ment de vous désha­biller le bas du corps. Vous serez allongé·e sur une table, les jambes dans des étri­ers comme chez un·e gyné­co­logue. Bien qu’indolore la présence du tube peut évidem­ment être désagréable et peut don­ner l’illusion d’un besoin très pres­sant d’uriner. Cepen­dant pas d’in­quié­tude, c’est le tube qui donne cette sen­sa­tion. Une cys­to­scopie n’est pas un exa­m­en long : l’ensemble de l’examen dure entre 15 et 30 min.

La cys­to­scopie ne néces­site pas de pré­pa­ra­tion par­ti­c­ulière mais elle est bien sou­vent précédée d’une analyse d’urine dans les jours avant l’examen afin de véri­fi­er s’il n’y a pas d’infection uri­naire. Après l’examen, il est pos­si­ble d’avoir quelques douleurs en allant aux toi­lettes ou d’avoir des besoins pres­sants d’uriner. Ces trou­bles ne doivent pas être per­sis­tants et s’ils per­durent vous devez alors con­tac­ter votre uro­logue ou votre médecin général­iste.

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