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Idées reçues

« L’endométriose, c’est uniquement des problèmes de fertilité »

Ah le grand sujet qui fascine ! Notre capac­ité à faire des enfants et à garder un petit machin dans notre utérus.

Comme pour le fait de résumer l’endométriose aux règles douloureuses, faire tourn­er toute la mal­adie autour de l’infertilité pose prob­lème. Alors oui entre 30 et 40 % des per­son­nes avec de l’endométriose sont infer­tiles. Et oui effec­tive­ment des études récentes mon­trent que nous avons 10 % de risques de plus de faire des fauss­es couch­es. Notre but n’est bien évidem­ment pas de nier cela.

Nous dénonçons le fait que notre prise en charge ne tourne qu’autour de notre poten­tiel désir d’enfants. Nous déplorons l’invisibilisation de beau­coup de nos symp­tômes. Nous sommes scan­dal­isées de voir des grandes revues médi­cales pré­conis­er de ne nous soign­er que lorsque nous avons un désir d’enfant. Nous sommes fatiguées de voir les per­son­nes qui nous soignent ne s’intéresser qu’à la date à laque­lle nous voulons enfan­ter.

Alors oui, l’endométriose engen­dre des prob­lèmes de fer­til­ité, oui, mais pas que ! Et nous en avons marre de nous sen­tir écoutées unique­ment quand il s’agit d’enfanter.

Nous souhaitons égale­ment met­tre en avant que même si l’infertilité n’est pas un frein, la mal­adie l’est. Pour beau­coup d’entre nous, nos symp­tômes quo­ti­di­ens nous empêchent de nous occu­per quo­ti­di­en­nement d’un enfant.

Or, cela n’est pas du tout pris en compte par les per­son­nes qui nous soignent.

Par parhelie

Parhelie est féministe et sociologue du genre à ses heures perdues. Diagnostiquée à 25 ans, elle souhaite dès lors mettre son militantisme et ses connaissances au service de la lutte pour la reconnaissance de l'endométriose.

3 réponses sur « « L’endométriose, c’est uniquement des problèmes de fertilité » »

Il y a encore tant de gens qui ne savent pas ce qu’est l’en­dométriose. Le sauri­ons-nous si notre fille n’en était pas atteinte ? Devant ses souf­frances, vos souf­frances… c’est sûr que l’on se dit que l’in­fer­til­ité est bien un prob­lème sec­ondaire. Dif­fuser un max­i­mum d’in­for­ma­tions, com­mu­ni­quer sur le sujet en espérant que la recherche s’af­fole (on en doute un peu là) sem­ble essen­tiel faute de pou­voir faire mieux !

Quand je suis allée faire mon irm, la pre­mière ques­tion du médecin était si je voulais un enfant ou si j’avais essayé d’en avoir un. Quand je lui ai dit non, il a expédié les autres ques­tions et mon cas ne sem­blait plus impor­tant. “Ce n’est pas grave, c’est une endométriose légère”, m’a-t-il dit. Vu les douleurs atro­ces que j’ai et tous plein d’autres symp­tômes qui m’hand­i­capent au quo­ti­di­en, je trou­ve ça grave per­so. Je suis cer­taine que ce médecin ne sup­port­erait pas la moitié de ce que je sup­porte avec mon endométriose.

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